Prothèse de cheville : comment se décider ?

Les risques

La prothèse de cheville s’accompagne d’un certain nombre de risques , heureusement assez rares, tout comme chirurgie de prothèse articulaire. Il est indispensable de les connaître avant de se décider :

  • usure : le composant en polyéthylène s’use par frottement naturel contre la partie métallique. Il s’agit de son fonctionnement normal.
  • défaut d’ancrage : l’implant ne « tient » plus dans l’os pour différentes raisons.
  • infection : lorsque la prothèse entre en contact avec une bactérie, celle-ci s’y développe et compromet le fonctionnement prothétique. L’infection peut survenir dans un délai variable après la chirurgie, soit par contamination depuis la plaie opératoire, soit par migration d’un germe depuis un autre organe infecté (infection urinaire, dentaire, plaie cutanée, etc.). Des antibiotiques sont donc délivrés par voie veineuse au moment de l’intervention pour minimiser ce risque.
  • phlébite : l’utilisation d’un garrot pendant la chirurgie suivie d’une immobilisation par botte pendant les 15 jours, risquent de faire se former un caillot de sang dans les veines de la jambe opérée. Celui-ci peut ensuite migrer jusqu’au poumon, phénomène appelé embolie pulmonaire. Un traitement anticoagulant préventif est donc instauré pour 15 jours.

Durée de vie d’une prothèse de cheville

La prothèse de cheville est un implant devenu récemment « mature », après 30 à 40 ans de mises au points et progrès successifs depuis les prothèses de 1ère génération. Les prothèses actuelles de « 3ème génération » offrent des résultat que l’on peut considérer comme fiables. Les études les plus récentes décrivent une survie de plus de 90% à 10 ans. Cela signifie que 10 ans après la chirurgie, plus de neuf patients sur dix ont toujours leur prothèse fonctionnelle.
Bien que fiable, il faut toutefois considérer que la prothèse totale de cheville reste un implant encore en cours de développement.

Choisir entre les différentes solutions chirurgicales

La principale alternative à la prothèse de cheville est l’arthrodèse, intervention qui était jusqu’à présent la solution de référence. Cette tendance s’inverse depuis la mise au point des prothèses totales de chevilles les plus récentes.
L’arthrodèse est une intervention définitive dont les suites à court et long terme sont connues et fiables. Après l’intervention, une immobilisation par botte est instaurée avec interdiction d’appui pendant 3 mois. A long terme, la marche s’adapte à la disparition de mobilité de l’articulation tibio-talienne, se faisant le plus souvent sans boiterie. Cependant, la mobilité disparue se reporte en partie sur les articulations adjacentes (sous-talienne, médio-tarsienne, genou) ce qui a pour effet de les surcharger et risque de les voir évoluer à leur tour vers l’arthrose. C’est d’ailleurs un des principaux arguments en faveur des prothèses totales de cheville.
A l’inverse, la prothèse de chevillee donne des suites à court terme bien plus simples, puisque la marche en appui complet est autorisée immédiatement après l’intervention. Le devenir au long terme (au-delà de 10 ans) est le point le moins bien connu. La durée de vie des implants actuels est espérée supérieure à ceux posés il y a 10 ans qui donnent les résultats que l’on connait aujourd’hui. Toutefois, en cas d’échec, l’ablation de la prothèse totale de cheville est réalisée, pour être « convertie » en arthrodèse.
Pour se décider, les critères de choix sont donc multiples :

  • âge du patient au moment de l’intervention
  • demande fonctionnelle (qui augmente le risque d’usure)
  • acceptation ou pas du risque de nouvelle chirurgie en cas décision de prothèse totale de cheville
  • etc…

Où se faire opérer

La prothèse de chevillee est une intervention complexe car requérant une technique rigoureuse dans une zone opératoire difficile d’accès.
D’autre part, le nombre de prothèses totales de chevilles posées chaque année en France est relativement faible. Moins de 1000 prothèses de cheville sont posées par an contre 150 000 prothèses totales de hanches et 80 000 prothèses de genou.
Enfin, l’Association Française de Chirurgie du Pied a mis en place en 2012 un registre national des prothèses de cheville dont le but est d’évaluer le devenir de cet implant au long cours. Avec le recul, si les centres chirurgicaux habitués à cet implant « jouent le jeu » en inscrivant massivement leurs patients (avec leur accord), ce n’est pas toujours le cas de ceux le posant plus rarement.
Pout toutes ces raisons, il est donc préférable de s’adresser aux chirurgiens entraînés à cette intervention. Cela est d’autant plus vrai que les études scientifiques ont montré de meilleurs résultats des prothèses totales de chevilles obtenus par les équipes dont le volume annuel de pose est le plus important.

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